Parti juste comme ça

Son frère, plus jeune de quelques années

s’en est allé juste comme ça ! d’un claquement de doigts

vents glacés escortant une larme le long des sillons

de son visage buriné grimé de noir et de tristesse

 

"Papa m’a appris à ne pas avoir peur de la mort" a-t-il dit

et la larme de tourbillonner et tomber sur le gris chemin du cimetière

Un saxophone vagabond tonitruant

le frangin a eu une attaque cardiaque

il s’en est allé juste comme ça

Les miens ils sont partis à la dure mec
accrochés à des machines punaises jaunes
songes de couloirs désinfectés

Il s’en est allé juste comme ça
dépassant de célestes feux tricolores, marche-arrêt  

les ancres de l’apaisement - détritus flottant
sur les pages perdues d’un temps où l’on bordait les lits.

 

"Allez, j’te revois vite" dit dans un triste sourire l’ami qui prend congé

jouons de la musique
bientôt

Poème Michael D. Amitin, 
Traduction Lionel Roudet
Photographie Julie Peiffer
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