intention.

Peu après son arrivée à Paris en 2009, le poète Michael D. Amitin amorça un nouveau voyage poétique, explorant l’inconscient à la recherche de mots, de sonorités, d’images à même d’exprimer, à travers un regard embué, le chagrin rouge et brûlant frappé du sceau de la mort, les luttes du quotidien de son statut de nouvel immigrant sur le sol français, puis, les attentats de Paris.

Baignés de la sombre et pâle lueur d’un nouveau surréalisme toisant droit dans les yeux une lumière perçant du fond de lieux caverneux, ses poèmes explorent les forces d’attractions contraires, la confrontation d’une certaine urgence de vivre et le désir de cultiver une patience tenace, la nécessité de vivre joyeusement et avec entrain face au désastre, et faire su sacré et du profane des amants alanguis.

Au détour du site de son ami et artiste Troy Henriksen, Michael D. Amitin fut irrémédiablement attiré par une image postée par la photographe parisienne Julie Peiffer.

En se familiarisant avec l’envoûtant et subtil travail de Julie Peiffer, Michael D. Amitin ne put s’empêcher de ressentir une intense et évidente résonance entre ses poèmes et les images de la photographe. Comme si les premiers avaient été écrits en regardant les secondes.

Lorsque les deux se rencontrèrent et devinrent amis, le lien et le flux d’énergie se fit encore plus évident, un nouveau et délicat langage entre les deux artistes donna naissance à cet élan commun qu’est "Riverlights".

La rivière est encore en crue, boueuse, dénuée de lumières. 

Je ne sais pas ce qui sourd en moi à la vue de ce sombre, impétueux courant." 

  

Henry Miller - Tropic of Cancer (1934)

 
 
 

michael d. amitin

Surgissant de la révolution culturelle et psychédélique des 60’s, poète, romancier et musicien, Michael D. Amitin a marché dans les pas de cette époque et, avec pour tout bagage son stylo, sa guitare et une pléiade d’idées en germination, il a arpenté les highways du pays, prenant son pouls, de sa Californie natale en passant par les petits bleds poussiéreux et gargotes de gares du Colorado, jouant dans les clubs et les bals. Musique et composition furent les fondations de son inspiration. Il a enregistré plusieurs albums et ses chansons ont été interprétées par de célèbres artistes nord-américains, tels David Ruffin (The Temptations - My Girl), Natalie Cole et l’artiste country Johnny Rodriguez.

Après son installation à Paris, californien s’acclimatant peu à peu à la glaciale pluie montmartroise, Michael entama un voyage inspiré, se taillant une poésie au style influencé par les tenants jazzy de la Beat Generation, le surréalisme, les paradoxes ensorcelants, l’optimisme des 60’s et les dispositions géniales d’un Keats pour la noirceur.

Entretenant le feu sacré au son de Mingus, Charlie Parker et Art Tatum, de nombreux poèmes virent le jour et furent publiés par différents journaux et revues, dont Black Magnolias, Poetry Pacific, RedRiverReview, IndigoRising Magazine, et Bewildering Stories.

En découvrant le si particulier et inspirant regard de la photographe Julie Peiffer, Michael D. Amitin ressentit une évidente connexion entre ses poèmes et les saisissantes photos nocturnes de la photographe. La lumière surgissant d’improbables et sombres recoins. Rencontre à l’origine de Riverlights...une évocatrice synthèse de deux arts intemporels et les errements nocturnes de deux esprits vagabonds.

julie peiffer

Julie Peiffer a toujours été photographe. Même lorsqu’elle n’avait pour appareil que ses yeux. Ce n’est pas par hasard si les premiers clichés qu’elle diffusa sur sa page Facebook furent initialement regroupés sous le titre "#DansMonOeil".
De sa mère, Julie tient la règle, la limite, la structuration. Le cadre. De son père, le mouvement, le hors-champs. Le débordement.

C’est du côté de cette confrontation esthétique, sensorielle, éducative et de leur alchimie, autant que leur contraste, qu’il faut aller chercher ce qui anime, au sens latin du terme, le regard de Julie. 

Celui de cette enfant qu’elle était et qui le posait, avidement, sur ce monde dont on lui dissimulait une partie, pour l’en protéger, qu’elle devinait pourtant, qu’elle interrogeait déjà, derrière ces portes adultes et fermées, suscitant toutes les curiosités. 

Du retrait, de l’abstraction, naquit le questionnement, le jeu entre l’ombre et la lumière, ce vocabulaire primal de la photographie, qu’elle nourrira plus tard en "fréquentant" l’œuvre de Man Ray, d’Eugène Atget ou d’André Kertész, parmi tant d’autres.

Le regard de celle qui aujourd’hui lit notre urbanité, notre hic et nunc, en relève les points d’interrogation, en expose le rythme, la ponctuation, "l’entre les lignes".

Le regard de ceux qui parviennent à révéler l’évidence, enfin exposée, invisible qu’elle était aux yeux des passants trop pressés de nos propres vies, au cœur de nos villes insomniaques, au cœur de nos vies, de nos corps, ceux en devenir ou ceux ceux lavés par trop de pluies et d’orages. 

 
 
 
 
 

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